{"id":3873,"date":"2015-12-16T11:11:20","date_gmt":"2015-12-16T10:11:20","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/cequireste\/?p=3873"},"modified":"2017-09-02T23:54:30","modified_gmt":"2017-09-02T23:54:30","slug":"alain-kervern","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cequireste.fr\/?p=3873","title":{"rendered":"L\u2019immense clart\u00e9 des profondeurs"},"content":{"rendered":"<blockquote><p><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span> Jailli des profondeurs<br>\nun rocher<br>\nr\u00eave en&nbsp;moi&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>L\u2019im\u00admense clar\u00adt\u00e9 des pro\u00adfon\u00addeurs<\/em>, d\u2019A\u00adlain Kervern<\/p><\/blockquote>\n<p class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.calameo.com\/read\/004921864f0a328da213a\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lire la publi\u00adca\u00adtion sur Calam\u00e9o<\/a><\/p>\n<div class=\"videoWrapper\"><iframe loading=\"lazy\" style=\"margin: 0 auto;\" src=\"\/\/v.calameo.com\/?bkcode=004921864f0a328da213a&amp;mode=mini\" width=\"1000\" height=\"500\" frameborder=\"0\" scrolling=\"no\" allowfullscreen=\"allowfullscreen\"><\/iframe><\/div>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<div id=\"intro\">\n<h2 style=\"text-align: center;\">Pr\u00e9ambule<\/h2>\n<p class=\"textjustify\">Le Parc R\u00e9gio\u00adnal d\u2019Armorique, qui regroupe qua\u00adrante-quatre com\u00admunes du nord-ouest de la Bre\u00adtagne, couvre un ter\u00adri\u00adtoire d\u2019une grande vari\u00e9\u00adt\u00e9, qui va de l\u2019\u00eele d\u2019Ouessant au c\u0153ur des Monts d\u2019Arr\u00e9e. De jan\u00advier \u00e0 mai 2004, j\u2019en ai arpen\u00adt\u00e9 \u00eeles, col\u00adlines et val\u00adlons en lon\u00adgeant les bords du temps par d\u2019autres che\u00admins que ceux v\u00e9cus tous les jours. Et la sur\u00adprise est venue de ce qu\u2019un monde que je ne connais\u00adsais pas est venu \u00e0 moi. Et ce monde est celui des rochers, nom\u00adbreux dans cette r\u00e9gion \u00e0 affleu\u00adrer le&nbsp;sol.<br>\nChaque rocher a \u00e9t\u00e9 l\u2019objet d\u2019un \u00e9ton\u00adnant t\u00eate \u00e0 t\u00eate au cours duquel une puis\u00adsante \u00e9ner\u00adgie s\u2019est chaque fois r\u00e9v\u00e9\u00adl\u00e9e au contact de la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 min\u00e9\u00adrale. Les vrais ren\u00adcontres ont \u00e9t\u00e9 celles qui se fai\u00adsaient \u00e0 l\u2019initiative des rochers eux-m\u00eames. Pour cer\u00adtains, le contact \u00e9tait imm\u00e9\u00addiat. D\u2019autres ne se r\u00e9v\u00e9\u00adlaient pas tout de suite. Il fal\u00adlait tour\u00adner autour, cher\u00adcher l\u2019angle le plus int\u00e9\u00adres\u00adsant pour un \u00e9change v\u00e9ri\u00adtable. Par\u00adfois, comme \u00e0 Roc\u2019h ar Bleiz, sur la com\u00admune de Saint Riwall, j\u2019ai fait plu\u00adsieurs fois le tour du rocher avant de vrai\u00adment le rencontrer.<\/p>\n<p class=\"textjustify\">Toutes ces notes ont \u00e9t\u00e9 com\u00adpo\u00ads\u00e9es, apr\u00e8s coup, \u00e0 par\u00adtir de ha\u00ef\u00adku et d\u2019impressions jet\u00e9es sur le papier \u00e0 chaud, apr\u00e8s chaque ran\u00addon\u00adn\u00e9e. C\u2019est en met\u00adtant bout \u00e0 bout les textes retra\u00advaill\u00e9s, ajus\u00adt\u00e9s et com\u00adpl\u00e9\u00adt\u00e9s que cet ensemble a \u00e9t\u00e9 r\u00e9a\u00adli\u00ads\u00e9. Chaque texte est ce qu\u2019on appelle un ha\u00ef\u00adbun. Ce genre, qui vient du Japon, se d\u00e9fi\u00adnit comme un court texte \u00e9crit dans l\u2019esprit du ha\u00ef\u00adku, et que conclut jus\u00adte\u00adment un court po\u00e8me ins\u00adpi\u00adr\u00e9 de cette forme. Il m\u2019a sem\u00adbl\u00e9 que c\u2019\u00e9tait l\u2019outil explo\u00adra\u00adtoire le plus appro\u00adpri\u00e9 \u00e0 cette aventure.<\/p>\n<p class=\"textjustify\">Ces dix textes sont une sorte de car\u00adnet de route. Ils t\u00e9moignent d\u2019une inter\u00adro\u00adga\u00adtion sur l\u2019acte de repro\u00adduc\u00adtion artis\u00adtique de la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9, et d\u2019une qu\u00eate qui, au-del\u00e0 de la d\u00e9marche artis\u00adtique, sonde l\u2019\u00e9nigme des appa\u00adrences et de la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9. Quels que soient nos moyens d\u2019expression, ce que nous voyons, ce que nous enten\u00addons, ce que nous sen\u00adtons n\u2019est jamais qu\u2019une par\u00adtie de ce qui est. C\u2019est le sens de cet enga\u00adge\u00adment pour ten\u00adter d\u2019explorer et de d\u00e9cryp\u00adter les sou\u00adbas\u00adse\u00adments oubli\u00e9s du r\u00e9el sur lequel se construit notre exis\u00adtence. La conver\u00adsion de ce r\u00e9el en signes r\u00e9v\u00e8le que nous sommes ici en pr\u00e9\u00adsence de deux cycles. Le pre\u00admier est un cycle long, c\u2019est celui de la for\u00adma\u00adtion g\u00e9o\u00adlo\u00adgique du Mas\u00adsif Armo\u00adri\u00adcain et de l\u2019histoire de ses marques dans le pay\u00adsage d\u2019aujourd\u2019hui. Le second est un cycle court, il est celui de la vie humaine. Tout le tra\u00advail consis\u00adta \u00e0 retrou\u00adver le che\u00admin des r\u00eaves qui relient ces deux mondes.<\/p>\n<p class=\"textjustify\">A l\u2019image st\u00e9\u00adr\u00e9o\u00adty\u00adp\u00e9e d\u2019une Bre\u00adtagne par\u00adse\u00adm\u00e9e de pierres folk\u00adlo\u00adri\u00ads\u00e9es, s\u2019oppose ici une qu\u00eate min\u00e9\u00adrale ne lais\u00adsant place \u00e0 rien d\u2019autre qu\u2019\u00e0&nbsp;un lent d\u00e9chif\u00adfre\u00adment d\u2019\u00e9vidences sou\u00advent peu visibles. O\u00f9 est la tran\u00adsi\u00adtion entre ces rochers \u00e0 l\u2019\u00e9tat sau\u00advage, les monu\u00adments m\u00e9ga\u00adli\u00adthiques et les cal\u00advaires&nbsp;? Une m\u00eame force semble les traverser.<\/p>\n<p class=\"textright\" style=\"text-align: right;\"><strong>Alain Ker\u00advern<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h1 style=\"text-align: center;\">L\u2019immense clart\u00e9 des profondeurs<\/h1>\n<h3 class=\"textcenter titrepoeme\" style=\"text-align: center;\">I<br>\nUne \u00e9ternit\u00e9 fig\u00e9e dans l\u2019herbe<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">La ren\u00adcontre avec un rocher est-elle l\u2019entr\u00e9e dans une autre his\u00adtoire, une his\u00adtoire dont nous ne sau\u00adrions pas grand\u2019chose ? A contem\u00adpler un rocher que l\u2019on sup\u00adpose ami\u00adcal, on pro\u00advoque sans le savoir un heurt fron\u00adtal avec la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 la plus \u00e9l\u00e9\u00admen\u00adtaire, la plus brute, la plus en confor\u00admi\u00adt\u00e9 avec l\u2019implacable logique de l\u2019univers et de la marche des astres. Tout ce que l\u2019on peut dire, c\u2019est qu\u2019un rocher a tou\u00adjours l\u2019air vague\u00adment mena\u00ad\u00e7ant, mais qu\u2019il semble emp\u00ea\u00adch\u00e9 de mettre sa menace \u00e0 ex\u00e9\u00adcu\u00adtion. Une impres\u00adsion confuse d\u2019\u00e9crasement se d\u00e9gage de cette masse obtuse dont, rapi\u00adde\u00adment, on ne per\u00ad\u00e7oit plus qu\u2019une \u00e9ter\u00adni\u00adt\u00e9 fig\u00e9e dans l\u2019herbe.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Mais son immo\u00adbi\u00adli\u00adt\u00e9 ne fait qu\u2019un ins\u00adtant illu\u00adsion. Du rocher jaillissent sans cesse des images, des fan\u00adtasmes et des appa\u00adri\u00adtions. Il dif\u00adfuse autour de lui d\u2019\u00e9tranges rumeurs, il pro\u00advoque des faits divers incroyables. Les alen\u00adtours d\u2019une pierre aux dimen\u00adsions gigan\u00adtesques bruissent d\u2019histoires fan\u00adtas\u00adtiques. La den\u00adsi\u00adt\u00e9 de cette pr\u00e9\u00adsence min\u00e9\u00adrale d\u00e9gage une \u00e9ner\u00adgie sau\u00advage, une v\u00e9ri\u00adtable rage ren\u00adtr\u00e9e, dont la vio\u00adlence g\u00e9o\u00adlo\u00adgique se lit dans les moindres replis de son grain. Au contact du gra\u00adnit, la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 devient l\u00e9gende. Ne dit-on pas d\u2019un chaos de rochers qu\u2019il serait l\u2019antique trace d\u2019un cata\u00adclysme, d\u2019un ancien fir\u00adma\u00adment qui se serait effon\u00addr\u00e9&nbsp;? On ima\u00adgine ais\u00e9\u00adment que cette concen\u00adtra\u00adtion extr\u00eame de mati\u00e8re pour\u00adrait \u00eatre le r\u00e9sul\u00adtat de l\u2019implosion d\u2019un monde incon\u00adnu, d\u2019une \u00e9toile qui s\u2019amenuiserait jusqu\u2019\u00e0 ne plus \u00eatre qu\u2019un&nbsp;point.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">La pr\u00e9\u00adsence d\u2019un rocher, si d\u00e9me\u00adsu\u00adr\u00e9 soit-il, d\u00e9pend de sa capa\u00adci\u00adt\u00e9 \u00e0 concen\u00adtrer son \u00e9ner\u00adgie, tel un \u00ab&nbsp;trou noir&nbsp;\u00bb. Il doit aiman\u00adter l\u2019espace autour de lui, allant m\u00eame jusqu\u2019\u00e0 hap\u00adper les lumi\u00e8res d\u2019un cr\u00e9\u00adpus\u00adcule ou la lim\u00adpi\u00addi\u00adt\u00e9 d\u2019une aurore. Il doit atti\u00adrer \u00e0 lui toute forme d\u2019\u00e9nergie pas\u00adsant \u00e0 sa por\u00adt\u00e9e. Gare au ran\u00addon\u00adneur per\u00addu dans la&nbsp;brume.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Le large se d\u00e9chire<br>\nquand les rochers<\/em><br>\n<em>se taisent<\/em><\/p>\n<h3><\/h3>\n<p><a href=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/pointe-du-Raz.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3893\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-3893\" src=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/pointe-du-Raz-1024x573.jpg\" alt=\"pointe du Raz\" width=\"510\" height=\"285\"><\/a><\/p>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"textcenter titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"caps\">II<\/span><br>\nUn silence qui n\u2019attend rien<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">T\u00e9moin fos\u00adsile de la mati\u00e8re, la pierre garde en elle un peu de cette com\u00adbus\u00adtion \u00e9l\u00e9\u00admen\u00adtaire qui fit la vie des grands com\u00admen\u00adce\u00adments. Mais cette r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 min\u00e9\u00adrale est la pr\u00e9\u00adsence la plus dense, la plus com\u00adpacte, la plus \u00e9loi\u00adgn\u00e9e de la vie&nbsp;; elle semble avoir la mort au c\u0153ur. Plus lourd est le rocher, plus mani\u00adfeste est la mort. Le rocher serait-il une incan\u00addes\u00adcence morte ayant chan\u00adg\u00e9 de&nbsp;r\u00e8gne&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Le rocher b\u00e9n\u00e9\u00adfi\u00adcie para\u00addoxa\u00adle\u00adment d\u2019un r\u00e9seau d\u2019\u00e9nergies vitales qui va cher\u00adcher au centre de la terre les secrets de lentes matu\u00adra\u00adtions g\u00e9o\u00adlo\u00adgiques. N\u00e9 de mons\u00adtrueuses par\u00adtu\u00adri\u00adtions, le bloc rocheux est l\u00e0, inso\u00adlite, encom\u00adbrant, \u00e9norme, ne lais\u00adsant \u00e0 la terre que des sou\u00adve\u00adnirs de souf\u00adfrance et d\u2019arrachements. Avec le temps qui passe, dur\u00adcit le grain de la pierre dont les mou\u00adve\u00adments se sont arr\u00ea\u00adt\u00e9s. On entend par\u00adfois les cris du vent qui s\u2019y heurte et s\u2019y d\u00e9chire. Mais le rocher est un silence qui n\u2019attend rien. En soli\u00addi\u00adfiant tout autour de lui, il n\u2019apporte pas le repos, il engendre une inter\u00adro\u00adga\u00adtion muette. Les ques\u00adtions s\u2019adressent, non plus \u00e0 l\u2019oreille, mais au regard.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Le silence de la pierre, dur\u00adcis\u00adsant lui aus\u00adsi, scl\u00e9\u00adrose tout \u00e9lan. Et ce silence ouvre une faille qui se dilate jusqu\u2019\u00e0 l\u2019ab\u00eeme.<\/p>\n<p align=\"center\"><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp; D\u2019o\u00f9 vient ce rocher&nbsp;?&nbsp;\u00bb<br>\n\u00ab&nbsp;Vient-il des entrailles de la&nbsp;terre&nbsp;?&nbsp;\u00bb<br>\n\u00ab&nbsp; Est-il tom\u00adb\u00e9 du&nbsp;ciel&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"texteprose\">La seule vraie r\u00e9ponse nous oblige \u00e0 \u00e9vo\u00adquer des paniques anciennes, dans le sou\u00adve\u00adnir confus de fra\u00adcas, d\u2019\u00e9croulements, d\u2019avalanches, de gouffres et de chutes du monde. Un rocher muet est capable de rani\u00admer en nous un ver\u00adtige endormi.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Ce ver\u00adtige est-il au c\u0153ur de la fas\u00adci\u00adna\u00adtion de l\u2019homme pour le roc&nbsp;? Sa v\u00e9ri\u00adtable per\u00adson\u00adna\u00adli\u00adt\u00e9 des\u00adcend dans les pro\u00adfon\u00addeurs du silence min\u00e9\u00adral dont il re\u00e7oit une r\u00e9v\u00e9\u00adla\u00adtion&nbsp;: c\u2019est contra\u00addic\u00adtoi\u00adre\u00adment la r\u00e9sis\u00adtance de la lumi\u00e8re \u00e0 la pierre qui en des\u00adsine les contours. Le silence min\u00e9\u00adral nous apprend ain\u00adsi l\u2019art de per\u00adce\u00advoir la r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 dans ses r\u00e8gles les plus \u00e9l\u00e9mentaires.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Mur\u00admures du jour naissant<\/em><br>\n<em>un peu de ma&nbsp;nuit<\/em><br>\n<em>\u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du&nbsp;roc<\/em><\/p>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"caps\">III<\/span><br>\nDans le labyrinthe<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">Dans la cam\u00adpagne bre\u00adtonne, \u00e7\u00e0 et l\u00e0, la galaxie a lais\u00ads\u00e9 des traces de ses d\u00e9bor\u00adde\u00adments,&nbsp;en aban\u00addon\u00adnant dans les champs et les landes des rochers de taille sur\u00adhu\u00admaine. Pour d\u00e9cou\u00advrir cha\u00adcun de ces rochers il a fal\u00adlu explo\u00adrer, fouiller, enqu\u00ea\u00adter. C\u2019est ain\u00adsi que, de rocher en rocher signa\u00adl\u00e9 comme remar\u00adquable, le pro\u00adme\u00adneur tisse un r\u00e9seau invi\u00adsible de che\u00admi\u00adne\u00adments et de ren\u00adcontres. On est ten\u00adt\u00e9 d\u2019aller au-del\u00e0 de cette d\u00e9marche pour lui trou\u00adver une dimen\u00adsion sym\u00adbo\u00adlique, et cette dimen\u00adsion, in\u00e9pui\u00adsable, nour\u00adrit \u00e0 son tour de nou\u00advelles interrogations.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Ces inves\u00adti\u00adga\u00adtions \u00e0 tra\u00advers labours et taillis, ruis\u00adseaux et prai\u00adries, ne sont-elles pas, elles-m\u00eames, les frag\u00adments d\u2019une d\u00e9am\u00adbu\u00adla\u00adtion plus large \u00e0 tra\u00advers un laby\u00adrinthe dis\u00adsi\u00admu\u00adl\u00e9 dans le pay\u00adsage&nbsp;? Retrou\u00adver la logique pro\u00adfonde d\u2019un v\u00e9ri\u00adtable par\u00adcours ini\u00adtia\u00adtique dans les landes et les che\u00admins boueux, ne serait-ce pas aspi\u00adrer \u00e0 une g\u00e9o\u00adgra\u00adphie men\u00adtale sup\u00adport et guide d\u2019une asc\u00e8se dont les rochers seraient autant d\u2019\u00e9tapes&nbsp;? Retrou\u00adver la coh\u00e9\u00adrence glo\u00adbale d\u2019un laby\u00adrinthe, cela signifie\u2011t il en trou\u00adver l\u2019issue pour se retrou\u00adver soi-m\u00eame&nbsp;? Notre enve\u00adloppe char\u00adnelle serait-elle notre propre laby\u00adrinthe&nbsp;? Chaque d\u00e9cou\u00adverte devient une \u00e9tape vers un accom\u00adplis\u00adse\u00adment qui s\u2019ach\u00e8vera avec le der\u00adnier rocher.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Que res\u00adte\u00adra-t-il quand le ran\u00addon\u00adneur aura ache\u00adv\u00e9 sa qu\u00eate&nbsp;? Il aura d\u00e9cou\u00advert que tout \u00eatre humain est d\u2019abord un che\u00admin. S\u2019engager dans un d\u00e9dale invi\u00adsible pour retrou\u00adver un rocher incon\u00adnu, c\u2019est recher\u00adcher sen\u00adsa\u00adtions, connais\u00adsances et recon\u00adnais\u00adsance. C\u2019est aus\u00adsi choi\u00adsir, s\u2019engager, ne plus h\u00e9si\u00adter. Bat\u00adtant la cam\u00adpagne, l\u2019homme existe vrai\u00adment dans cette ten\u00adsion entre pas\u00ads\u00e9 r\u00e9vo\u00adlu et ave\u00adnir incon\u00adnu. Il se sou\u00advien\u00addra alors des r\u00e9seaux mys\u00adtiques de la \u00ab&nbsp;piste des r\u00eaves&nbsp;\u00bb des abo\u00adri\u00adg\u00e8nes d\u2019Australie, r\u00e9seaux qui sont la base d\u2019une effi\u00adcace inser\u00adtion de cha\u00adcun au ser\u00advice de la coh\u00e9\u00adsion sociale.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Les rochers de cette qu\u00eate sont deve\u00adnus autant de sup\u00adports \u00e0 une authen\u00adtique m\u00e9di\u00adta\u00adtion&nbsp;: \u00ab&nbsp; Tu ne me cher\u00adche\u00adrais pas, si tu ne m\u2019avais d\u00e9j\u00e0 trou\u00adv\u00e9&nbsp;\u00bb dit chaque rocher \u00e0 son d\u00e9cou\u00advreur. Mar\u00adcher jusqu\u2019\u00e0 l\u2019endroit o\u00f9 sur\u00adgit un rocher, c\u2019est com\u00adprendre que celui-ci m\u2019a choi\u00adsi plus que je ne l\u2019ai choi\u00adsi moi-m\u00eame.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Entends dans la prairie<\/em><br>\n<em>le bleu profond<\/em><br>\n<em>du vent<\/em><\/p>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"caps\">IV<\/span><br>\nL\u2019axe du&nbsp;monde<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">Un rocher repose-t-il dans l\u2019herbe&nbsp;? C\u2019est qu\u2019il a fini de pous\u00adser. Inerte et froid, sa des\u00adti\u00adn\u00e9e reste une \u00e9nigme. Mais le contem\u00adpler, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 entrer dans cette \u00e9nigme, c\u2019est com\u00admen\u00adcer \u00e0 com\u00adprendre que le rocher est un \u00eatre jailli des grands fonds. Il ne serait rien si les forces les plus intimes de la terre n\u2019avaient tra\u00adver\u00ads\u00e9 des couches mag\u00adma\u00adtiques, des strates min\u00e9\u00adrales et des s\u00e9di\u00adments \u00e9pais pour remon\u00adter en lui et le faire exister.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Le pro\u00adme\u00adneur attar\u00add\u00e9 devant le rocher est pris de ver\u00adtige \u00e0 ima\u00adgi\u00adner la dyna\u00admique cos\u00admique qui nour\u00adrit sa pr\u00e9\u00adsence irra\u00addiante. Le voi\u00adl\u00e0 capable d\u2019imaginer le che\u00admin d\u2019une vie sou\u00adter\u00adraine remon\u00adt\u00e9e \u00e0 la lumi\u00e8re. Tiraill\u00e9 entre pro\u00adfon\u00addeur de la terre et \u00e9blouis\u00adse\u00adments c\u00e9lestes, il r\u00e9a\u00adlise que le rocher est un noeud d\u2019\u00e9nergies contraires reliant deux mondes, celui d\u2019en bas et celui d\u2019en haut. Chaque fis\u00adsure du roc peut appa\u00adra\u00eetre alors comme un pas\u00adsage vers un au-del\u00e0. Qu\u2019il \u00e9vite de se glis\u00adser dans une faille au risque de chu\u00adter dans un ab\u00eeme qui tra\u00adver\u00adse\u00adrait le&nbsp;globe&nbsp;!<br>\nTrou\u00adblante v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;: l\u2019axe du monde, qui tra\u00adverse les \u00eatres et les choses,<br>\ncom\u00admence et finit aus\u00adsi en&nbsp;nous.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Par les veines de la&nbsp;terre<\/em><br>\n<em>remontent<\/em><br>\n<em>les voix d\u2019en&nbsp;bas&nbsp;<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Pointe-du-Millier.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3892\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-3892\" src=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Pointe-du-Millier-1024x573.jpg\" alt=\"Pointe du Millier\" width=\"510\" height=\"285\"><\/a><br>\n<\/p><div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\">V<br>\nDebout&nbsp;!<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">Une pierre qui se l\u00e8ve immor\u00adta\u00adlise un \u00e9lan, un appel. Sa ver\u00adti\u00adca\u00adli\u00adt\u00e9 nous annonce que nous pou\u00advons nous lib\u00e9\u00adrer de la pesan\u00adteur. Cette force qui nous appelle vers les hau\u00adteurs est proche d\u2019une mys\u00adtique de l\u2019envol. Cette all\u00e9\u00adgresse pr\u00e9\u00adpare notre esprit \u00e0 concen\u00adtrer toute notre \u00e9ner\u00adgie avant un d\u00e9part vers le haut, \u00e0 l\u2019image de celle des oiseaux.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">La pierre lev\u00e9e nous rap\u00adpelle \u00e0 la vie de l\u2019univers, en renouant avec la dia\u00adlec\u00adtique de l\u2019\u00e9crasement et du redres\u00adse\u00adment. Vain\u00adcues les pesan\u00adteurs, nous nous \u00e9le\u00advons comme la pierre, nous nous met\u00adtons debout, nous enga\u00adgeons un pacte avec les forces de l\u2019harmonie uni\u00adver\u00adselle. Le rocher est une puis\u00adsance de vie qui se dresse devant nous et nous dit&nbsp;: \u00ab&nbsp; Debout&nbsp;!&nbsp;\u00bb.Cet appel brut est un souffle imp\u00e9\u00adtueux qui nous entra\u00eene dans son \u00e9lan min\u00e9\u00adral et a\u00e9rien \u00e0 la fois. L\u2019\u00eatre humain se gran\u00addit de cette pesan\u00adteur de pierre qui l\u2019\u00e9l\u00e8ve en s\u2019\u00e9levant. Il peut enfin croire \u00e0 une pos\u00adsible ouver\u00adture vers les flam\u00adboie\u00adments d\u2019un ailleurs abso\u00adlu. Les forces de sou\u00adl\u00e8\u00adve\u00adment du rocher nous apprennent que l\u2019inconscient domine sa propre pesan\u00adteur pour deve\u00adnir \u00e2pre\u00adt\u00e9 des pics et majes\u00adt\u00e9 des sommets.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Les convic\u00adtions et les fer\u00adveurs des croyants donnent au rocher sa soli\u00addi\u00adt\u00e9 intime, le rendent plus dur, plus ferme, plus d\u00e9ter\u00admi\u00adn\u00e9 face \u00e0 l\u2019oeuvre du temps. La sta\u00adtuaire reli\u00adgieuse en gra\u00adnit est une cons\u00e9\u00adcra\u00adtion de cette r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 pre\u00admi\u00e8re. La foi, ten\u00addue vers l\u2019invisible, s\u2019exprime par la pierre debout. Mais la foi vit d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9tat sau\u00advage \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du rocher brut, h\u00e9b\u00e9\u00adt\u00e9 de soli\u00adtude, parce qu\u2019il d\u00e9fie l\u2019usure du&nbsp;ciel.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Jailli des profondeurs<\/em><br>\n<em>un rocher <\/em><br>\n<em> r\u00eave en&nbsp;moi<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/pointe-du-Van.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3894\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-3894\" src=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/pointe-du-Van-919x1024.jpg\" alt=\"pointe du Van\" width=\"510\" height=\"568\"><\/a><br>\n<\/p><div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"caps\">VI<\/span><br>\nL\u2019immense clart\u00e9 des profondeurs<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">Le des\u00adsi\u00adna\u00adteur pressent que son tra\u00advail va ouvrir de nou\u00adveaux rap\u00adports entre cer\u00adti\u00adtude et expres\u00adsion artis\u00adtique. Pour cher\u00adcher le contact des rochers et se pr\u00e9\u00adsen\u00adter devant eux, il faut d\u2019abord la volon\u00adt\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 un appel. Puis l\u2019artiste doit savoir com\u00adpo\u00adser avec deux atti\u00adtudes oppo\u00ads\u00e9es, celle d\u2019une approche pas\u00adsive qui se laisse enva\u00adhir par la pr\u00e9\u00adsence du rocher, et celle d\u2019une approche active qui en res\u00adti\u00adtue une image vivante.<br>\nPour repro\u00adduire les contours de la pierre, le des\u00adsi\u00adna\u00adteur a d\u00fb apprendre \u00e0 en lire l\u2019int\u00e9rieur avec res\u00adpect et admi\u00adra\u00adtion pour ce qu\u2019il ne voit pas&nbsp;: une immense lumi\u00e8re ne serait-elle pas enfer\u00adm\u00e9e, comme un autre fir\u00adma\u00adment, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des rochers&nbsp;? Et en \u00e9cho, l\u2019immense clar\u00adt\u00e9 des pro\u00adfon\u00addeurs pal\u00adpi\u00adte\u00adrait-elle, \u00e0 notre insu, dans notre inconscient&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Par ins\u00adtants, des t\u00e9moi\u00adgnages de cata\u00adclysmes tou\u00adjours vivants nous par\u00adviennent par la voix des rochers. L\u2019oreille qui a le sens de la nuit min\u00e9\u00adrale, entend encore quand l\u2019\u0153il ne voit plus. Doit-on faire taire en soi les bruits du monde pour per\u00adce\u00advoir les voix sou\u00adter\u00adraines qui bour\u00addonnent sour\u00adde\u00adment&nbsp;? On les entend mal\u00adgr\u00e9 nous dans l\u2019\u00e9paisseur du grain de la pierre.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Le des\u00adsin d\u2019un rocher est une m\u00e9di\u00adta\u00adtion sur le sens de la pro\u00adfon\u00addeur, de l\u2019intensit\u00e9 d\u2019\u00eatre. L\u2019artiste recon\u00adna\u00eet dans le rocher l\u2019un des anc\u00eatres qui lui a per\u00admis d\u2019\u00eatre l\u00e0. Le des\u00adsi\u00adnant, cap\u00adtant ce qu\u2019il est, l\u2019artiste s\u2019assimile \u00e0 lui, se fond dans sa masse et devient, lui-m\u00eame, grain rugueux. Au contact de la pierre, la main de l\u2019artiste nous res\u00adti\u00adtue l\u2019intuition d\u2019une vie ant\u00e9rieure.<\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>un gigan\u00adtesque orage<\/em><br>\n<em>fig\u00e9 <\/em><br>\n<em>dans le granit&nbsp;<\/em><\/p>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"caps\">VII<\/span><br>\nLa rencontre<\/h3>\n<p class=\"texteprose\"><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;Je ren\u00adcontre ce rocher car il a sa rai\u00adson d\u2019\u00eatre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Se rap\u00adpe\u00adlant l\u2019origine du rocher, l\u2019artiste s\u2019en approche avec d\u00e9f\u00e9\u00adrence et len\u00adteur. Le sen\u00adti\u00adment trou\u00adblant d\u2019effleurer le sacr\u00e9 et de dia\u00adlo\u00adguer avec l\u2019invisible s\u2019exprime par l\u2019\u00e9tude et le trait. A l\u2019aurore de notre his\u00adtoire les hommes pei\u00adgnaient sur les parois des cavernes les ani\u00admaux qu\u2019ils vou\u00adlaient cap\u00adtu\u00adrer. Cha\u00admans, ils ten\u00adtaient de ravir l\u2019\u00e2me de ces ani\u00admaux&nbsp;: ceux-ci devaient accep\u00adter de mou\u00adrir pour que vivent d\u2019autres \u00eatres. Le roc, sup\u00adport de rites magiques, per\u00admet\u00adtait de relier leur ardent d\u00e9sir de sur\u00advie \u00e0 des forces b\u00e9n\u00e9\u00adfiques. Ce lien intime n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9&nbsp;rompu.<br>\nCelui qui des\u00adsine per\u00ad\u00e7oit d\u2019abord le rocher comme immuable, mais son des\u00adsin en fait appa\u00adra\u00eetre un autre, enri\u00adchi par des si\u00e8cles d\u2019interpr\u00e9tation humaine. Une ten\u00adsion s\u2019instaure entre l\u2019homme et la pierre, autant \u00e9change que rap\u00adport de forces. Le contact entre l\u2019artiste et le rocher d\u00e9gage des \u00e9ner\u00adgies qu\u2019il fau\u00addra ensuite res\u00adti\u00adtuer par le&nbsp;trait.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Dans ce t\u00eate \u00e0 t\u00eate o\u00f9 les iden\u00adti\u00adt\u00e9s de l\u2019homme et du rocher s\u2019affrontent, l\u2019homme met en jeu son huma\u00adni\u00adt\u00e9. Des\u00adsi\u00adner un rocher, ce n\u2019est plus des\u00adsi\u00adner un ani\u00admal sur la paroi de la grotte, mais c\u2019est des\u00adsi\u00adner le sup\u00adport qui per\u00admet la com\u00admu\u00adnion avec l\u2019au-del\u00e0. Ce geste qui concentre l\u2019\u00e9nergie de l\u2019artiste pour cap\u00adter une par\u00adcelle de cos\u00admos est un acte d\u2019adh\u00e9sion totale \u00e0 la vie com\u00adplexe de l\u2019univers. La ren\u00adcontre est une lutte entre deux pr\u00e9\u00adsences. Si l\u2019homme est dis\u00adtrait par des consi\u00add\u00e9\u00adra\u00adtions esth\u00e9\u00adtiques, c\u2019est le rocher qui le dominera.<br>\nEn nous r\u00e9v\u00e9\u00adlant \u00e0 notre huma\u00adni\u00adt\u00e9, chaque rocher ne serait-il pas un \u00e9veilleur d\u2019\u00e2mes&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Une odeur de pierre<\/em><br>\n<em>l\u2019attente du&nbsp;jour<\/em><br>\n<em>trans\u00adfi\u00adgu\u00adr\u00e9e <\/em><\/p>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"caps\">VIII<\/span><br>\nSur le papier<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">L\u2019interpr\u00e9tation artis\u00adtique de la vie en r\u00e9v\u00e8le la face cach\u00e9e. Ciel et rochers s\u2019accomplissent dans une autre r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9, celle de l\u2019imaginaire et du papier. L\u2019acte de cr\u00e9a\u00adtion met au monde la nature rocheuse du ciel et fait \u00e9clore la voca\u00adtion a\u00e9rienne du rocher. Le des\u00adsin ouvre sou\u00addain les pers\u00adpec\u00adtives d\u2019une autre signi\u00adfi\u00adca\u00adtion, d\u2019une autre his\u00adtoire \u00e0 une r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9 pre\u00admi\u00e8re, com\u00adpacte, ser\u00adr\u00e9e, appa\u00adrem\u00adment obtuse. Les appa\u00adrences se d\u00e9sa\u00adgr\u00e8gent pour se recom\u00adpo\u00adser sous le crayon. Du flanc de cet \u00eatre fos\u00adsile, voi\u00adci que s\u2019envole une autre&nbsp;vie.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">La tra\u00addi\u00adtion japo\u00adnaise voit dans le rocher une vie pri\u00admi\u00adtive \u00e0 laquelle jar\u00addi\u00adniers, cal\u00adli\u00adgraphes, gra\u00adveurs d\u2019estampes et po\u00e8tes accordent tous les soins et toutes les atten\u00adtions. De m\u00eame, les artistes chi\u00adnois ont tou\u00adjours \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole des forces de l\u2019univers. C\u2019est ain\u00adsi que dans \u00ab&nbsp;<em>Le jar\u00addin grand comme un grain de mou\u00adtarde<\/em>&nbsp;\u00bb, c\u00e9l\u00e8bre trai\u00adt\u00e9 d\u2019esth\u00e9tique, les rochers expriment la nature pro\u00adfonde des choses&nbsp;:<br>\n<em>&nbsp; Les rochers forment la char\u00adpente du ciel et de la terre et pos\u00ads\u00e8dent une atmo\u00adsph\u00e8re bien \u00e0 eux. Une pierre sans atmo\u00adsph\u00e8re n\u2019est qu\u2019une masse inerte. Mais sous le pin\u00adceau du peintre, aucune pierre ne donne l\u2019impression d\u2019\u00eatre morte. Les pierres ont de mul\u00adtiples formes, qu\u2019elles tiennent de leur rap\u00adport avec le sol, une source ou la mer. Il n\u2019y a pas de m\u00e9thode secr\u00e8te, il n\u2019y a qu\u2019un qua\u00adli\u00adfi\u00adca\u00adtif magique&nbsp;: \u00ab&nbsp; vivant&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n<p class=\"texteprose\">La t\u00e2che de l\u2019artiste est donc claire&nbsp;: faire pas\u00adser par son esprit, son c\u0153ur et sa main cette vita\u00adli\u00adt\u00e9 tel\u00adlu\u00adrique qui rayon\u00adne\u00adra \u00e0 par\u00adtir du papier.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Les tumultes du&nbsp;ciel<\/em><br>\n<em>enfan\u00adt\u00e9s <\/em><br>\n<em> au fil du crayon<\/em><\/p>\n<div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\"><span class=\"caps\">IX<\/span><br>\nDe chair et de granit<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">A l\u2019aff\u00fbt de la dyna\u00admique des formes, le des\u00adsi\u00adna\u00adteur l\u2019est aus\u00adsi de l\u2019inconscient min\u00e9\u00adral.&nbsp;\u00ab&nbsp; La mati\u00e8re est l\u2019inconscient de la forme&nbsp;\u00bb, disait Gas\u00adton Bache\u00adlard. Le rocher attend, vague\u00adment hos\u00adtile, et la main qui vient l\u2019amadouer, le flat\u00adter comme on le fait avec une b\u00eate farouche, et enfin le cares\u00adser pour mieux le des\u00adsi\u00adner, vit aus\u00adsi cette dyna\u00admique des formes. La main apprend \u00e0 recon\u00adna\u00eetre le roc en \u00e9pou\u00adsant les sou\u00adbre\u00adsauts, les fris\u00adsons et le rythme que lui impriment les monstres incon\u00adnus abri\u00adt\u00e9s par le rocher. Des\u00adsi\u00adn\u00e9, por\u00adteur de forces invi\u00adsibles qui n\u2019apparaissent que sous le crayon, il appa\u00adra\u00eet plus&nbsp;r\u00e9el.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Un lent mou\u00adve\u00adment min\u00e9\u00adral de lignes ins\u00adpi\u00adr\u00e9es de celles du corps humain per\u00admet d\u2019observer, dans les des\u00adsins de l\u2019artiste, une fine cor\u00adres\u00adpon\u00addance entre la pierre et la chair. Une \u00e9trange paren\u00adt\u00e9 rap\u00adproche les courbes en une trou\u00adblante har\u00admo\u00adnie. Ni odeur ni bruit. Seul un jeu de sinuo\u00adsi\u00adt\u00e9s puis\u00adsantes et rugueuses s\u2019impose \u00e0 la main et au regard. C\u2019est alors qu\u2019une vague intui\u00adtion dit \u00e0 l\u2019homme que la pierre souffre de l\u2019\u00e9paisseur de sa propre obs\u00adcu\u00adri\u00adt\u00e9, qu\u2019elle est un \u00e9tat d\u2019\u00e2me nour\u00adri de sub\u00adstance lunaire et de pous\u00adsi\u00e8re d\u2019\u00e9toiles. En des\u00adsi\u00adnant un rocher, en se cou\u00adlant dans la dyna\u00admique de ses formes, l\u2019artiste a conscience d\u2019apprivoiser un flux d\u2019\u00e9nergies qui, retour\u00adn\u00e9es contre lui, seraient fatales. La den\u00adsi\u00adt\u00e9 du roc et sa propre volon\u00adt\u00e9 doivent se main\u00adte\u00adnir en un dif\u00adfi\u00adcile \u00e9quilibre.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">D\u00e9pas\u00adser l\u2019antagonisme de l\u2019\u00eatre humain et du monde min\u00e9\u00adral est la condi\u00adtion pre\u00admi\u00e8re d\u2019une \u00e9chap\u00adp\u00e9e vers la cr\u00e9ation.<br>\nAu contact du gra\u00adnit et de sa dure\u00adt\u00e9 na\u00eet ensuite l\u2019irr\u00e9sistible envie d\u2019une pos\u00adses\u00adsion par le rite qua\u00adsi litur\u00adgique de la main et du crayon glis\u00adsant sur le papier. Au contact nu de la pierre, la main de l\u2019artiste ne res\u00adti\u00adtue pas seule\u00adment le sen\u00adti\u00adment d\u2019une vie ant\u00e9\u00adrieure. Il s\u2019agit pour lui de rendre aus\u00adsi au grain de la roche, venu du pas\u00ads\u00e9 le plus loin\u00adtain, ses propres \u00e9mo\u00adtions devant les fur\u00adtives beau\u00adt\u00e9s du jour qui&nbsp;passe.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Dans le&nbsp;chant<\/em><br>\n<em>des galets et de l\u2019eau<\/em><br>\n<em> je te rejoindrai<\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Tr\u00e9boul.jpg\" rel=\"attachment wp-att-3895\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-3895\" src=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/12\/Tr\u00e9boul-1024x630.jpg\" alt=\"Tr\u00e9boul\" width=\"510\" height=\"314\"><\/a><br>\n<\/p><div class=\"mks_separator\" style=\"height: 150px;\"><\/div>\n<h3 class=\"titrepoeme\" style=\"text-align: center;\">X<br>\nA l\u2019\u00e9cole du&nbsp;vide<\/h3>\n<p class=\"texteprose\">Les grands cou\u00adrants de la pen\u00ads\u00e9e humaine attri\u00adbuent \u00e0 la notion de vide des ver\u00adtus de f\u00e9con\u00addi\u00adt\u00e9 et de cr\u00e9ation&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"textcenter\"><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp; Dans le vide infi\u00adni, je vois s\u2019accomplir toutes choses&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p class=\"texteprose\">dit Lucr\u00e8ce dans son &nbsp;<em>De natu\u00adra rerum<\/em>&nbsp;, tan\u00addis que dans le livre de &nbsp;<em>La Voie et de la Ver\u00adtu<\/em>&nbsp;, Lao Zi&nbsp;\u00e9crit&nbsp;:<\/p>\n<p class=\"textcenter\"><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;Toutes choses sous le ciel naissent de ce qui&nbsp;est<br>\nCe qui est de ce qui n\u2019est&nbsp;pas&nbsp;\u00bb.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">Sur le plan de la cr\u00e9a\u00adtion artis\u00adtique, celui qui \u00ab&nbsp;fait le vide&nbsp;\u00bb, aban\u00addonne sa propre volon\u00adt\u00e9 pour s\u2019en remettre \u00e0 une autre force, la lais\u00adser agir en lui et accueillir son action. Qu\u2019une cr\u00e9a\u00adtion naisse de ses mains, elle ne lui appar\u00adtient plus tout \u00e0 fait. L\u2019artiste, ain\u00adsi, se met en \u00e9tat de&nbsp;gr\u00e2ce.<br>\nLa tra\u00addi\u00adtion chi\u00adnoise recom\u00admande \u00e0 l\u2019artiste de \u00ab&nbsp;quit\u00adter le monde \u00bb&nbsp;avant de se mettre \u00e0 l\u2019\u0153uvre afin de prendre conscience de la gra\u00advi\u00adta\u00adtion uni\u00adver\u00adselle. Le pin\u00adceau devient alors un lien entre l\u2019univers et le centre de la terre. Manier un pin\u00adceau, et ins\u00adcrire un trait sur une feuille blanche, c\u2019est avoir com\u00adpris les grandes lois \u00e9l\u00e9\u00admen\u00adtaires de la physique.<\/p>\n<p class=\"texteprose\">De m\u00eame le des\u00adsi\u00adna\u00adteur, devant un rocher, attend qu\u2019apparaissent les lignes de force qui don\u00adne\u00adront consis\u00adtance \u00e0 sa r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9. Contem\u00adplant le rocher, il sait qu\u2019un autre regard lui sera don\u00adn\u00e9 et que d\u2019autres visions appa\u00adra\u00ee\u00adtront bien\u00adt\u00f4t. L\u2019artiste se met au tra\u00advail et, ce qui le guide, ce sont les plages vides du des\u00adsin qui animent l\u2019ensemble et aiguisent son regard. La den\u00adsi\u00adt\u00e9 min\u00e9\u00adrale qui s\u2019exprime par une \u00e9pais\u00adseur de mati\u00e8re n\u2019est qu\u2019une fausse den\u00adsi\u00adt\u00e9. Au contraire, celle qui par\u00advient \u00e0 s\u2019imposer par le jeu sub\u00adtil du plein et du vide atteint l\u2019identit\u00e9 v\u00e9ri\u00adtable de la mati\u00e8re rocheuse.<br>\nLe des\u00adsin ne pren\u00addra part \u00e0 la sub\u00adstance m\u00eame de l\u2019univers que si l\u2019artiste reste atten\u00adtif au mou\u00adve\u00adment de ces lignes de force fon\u00adda\u00admen\u00adtales. C\u2019est le souffle du vide qui fait exis\u00adter le monde, et la m\u00eame \u00e9ner\u00adgie nour\u00adrit le trait de son des\u00adsin. La main qui voit et l\u2019\u0153il qui des\u00adsine ne s\u2019arr\u00eatent pas au rocher&nbsp;; ils rendent sen\u00adsibles, par l\u2019union du vide et du plein, les pul\u00adsions de l\u2019univers. Des\u00adsi\u00adner lib\u00e8re l\u2019\u00e9lan int\u00e9\u00adrieur qui habite le monde. A l\u2019\u00e9cole du vide, l\u2019artiste r\u00e9v\u00e8le l\u2019essence du rocher, et lib\u00e8re une par\u00adcelle d\u2019infini.<\/p>\n<p class=\"alinea4\"><em>Rete\u00adnue dans le papier<\/em><br>\n<em> l\u2019\u00e2me errante&nbsp;<\/em><br>\n<em>des cimes<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span> Jailli des profondeurs<br>\nun rocher<br>\nr\u00eave en&nbsp;moi&nbsp;\u00bb<\/p>\n<p><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;L\u2019im\u00admense clar\u00adt\u00e9 des pro\u00adfon\u00addeurs&nbsp;\u00bb, une qu\u00eate min\u00e9\u00adrale en Bre\u00adtagne par Alain Kervern<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":5023,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"wp_typography_post_enhancements_disabled":false,"footnotes":""},"categories":[520],"tags":[522,281],"coauthors":[521],"class_list":["post-3873","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-alain-kervern","tag-bretagne","tag-prose"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.3 - 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