{"id":3455,"date":"2015-04-17T11:11:41","date_gmt":"2015-04-17T10:11:41","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost\/cequireste\/?p=3455"},"modified":"2017-09-03T17:22:34","modified_gmt":"2017-09-03T17:22:34","slug":"marie-josee-desvignes-marilyse-leroux-helene-desvignes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/cequireste.fr\/?p=3455","title":{"rendered":"<span class=\"caps\">LE<\/span> <span class=\"caps\">FIL<\/span> D\u2019<span class=\"caps\">ARIANE<\/span> (Dia-logue)"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/encre.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-3460\" src=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/encre-1024x847.jpg\" alt=\"Encres : Marie-Jos\u00e9e Desvignes \/\/ Photographies : H\u00e9l\u00e8ne Desvignes\" width=\"510\" height=\"422\"><\/a><\/p>\n[\u2026]\n<p class=\"textjustify strophe\"><strong class=\"textjustify\">Mari\u00adlyse<\/strong><br>\nTout ce que nous nous disons aujourd\u2019hui, tout ce que nous \u00e9cri\u00advons, nous le savions d\u00e9j\u00e0, intui\u00adti\u00adve\u00adment, depuis le d\u00e9but. Notre \u0153il avait vu mais il a choi\u00adsi ses voiles. Notre oreille avait enten\u00addu mais elle a choi\u00adsi ses silences. Il faut bien vivre et sur\u00advivre \u00e0 ce qui n\u2019est pas nous. Com\u00adment faire autrement&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"textjustify strophe\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nTout remonte en moi \u00e0 mesure que nous parlons\/\u00e9crivons. Quel dom\u00admage que nous n\u2019ayons pas conser\u00adv\u00e9 tous nos ins\u00adtan\u00adta\u00adn\u00e9s, ces mil\u00adliers de paroles dont cer\u00adtaines valaient des p\u00e9pites\u2026<br>\nQue ferons-nous de tout le&nbsp;reste&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"strophe\">[\u2026]\n<\/p><p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse<\/em><\/strong><br>\nCe qui reste&nbsp;? Peu importe ce qui est per\u00addu, rien ne l\u2019est vrai\u00adment, puisque, en po\u00e9\u00adsie, nous sommes dans la v\u00e9ri\u00adt\u00e9 d\u2019une parole qui avance et nous d\u00e9passe, tout en \u00e9tant pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment ancr\u00e9e en&nbsp;nous.<\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nConstrui\u00adsons donc\u2026 Repre\u00adnons le&nbsp;fil\u2026<\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse<\/em><\/strong><br>\nAvan\u00ad\u00e7ons. Ce sera une aven\u00adture de vie dans les mots par\u00adta\u00adg\u00e9s\u2026 Cr\u00e9ons entre eux, entre nous, une dis\u00adtance, un che\u00admin \u00e0 par\u00adcou\u00adrir dans nos laby\u00adrinthes res\u00adpec\u00adtifs, int\u00e9\u00adrieurs et ext\u00e9\u00adrieurs. Gar\u00addons un \u00e9cart entre alter et ego. D\u00e9j\u00e0 cha\u00adcune de nous contient son propre \u00e9cart. Cet espace interne, faut-il le r\u00e9duire&nbsp;? Le sup\u00adpri\u00admer&nbsp;? Ou le lais\u00adser aller \u00e0 sa guise&nbsp;? \u00c9las\u00adtique \u00e0 tendre ou \u00e0 d\u00e9tendre. Si on res\u00adserre tout, plus rien ne passe, aucun flux, aucun afflux. Culti\u00advons l\u2019\u00e9cart.<\/p>\n<p class=\"alinea3 strophe\"><em>A l\u2019\u00e9cart<\/em><br>\n<em>par les chemins<\/em><br>\n<em>de tra\u00adverse<\/em><\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>Un pied toujours<\/em><br>\n<em>en-dehors de&nbsp;soi.<\/em><\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>(in <strong>Herbes<\/strong>, Don\u00adner \u00e0 voir,&nbsp;1995)<\/em><\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nDans cet \u00e9cart, la langue doit frap\u00adper, don\u00adner des coups de poing, inter\u00adca\u00adler la souf\u00adfrance et le dire. Dans la pro\u00admesse des mots d\u00e8s l\u2019en\u00adfance, ces mots qui \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, quoi en faire&nbsp;? O\u00f9 les prendre&nbsp;? Ce n\u2019est pas un don\u00adn\u00e9 d\u2019a\u00advance mais on croit dans ce pos\u00adsible. Je me sou\u00adviens d\u2019Hea\u00adther Dohol\u00adlau que tu aimes tant\u2026 \u00ab&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=1Ltt-IhgggQ\">La pro\u00admesse des mots, c\u2019est la pro\u00admesse d\u2019un pos\u00adsible des mots<\/a><em>&nbsp;<\/em>\u00bb<em>\u2026<\/em> \u00ab&nbsp;<em>Dans le besoin de livres qui a \u00e9t\u00e9 l\u00e0 extr\u00ea\u00adme\u00adment t\u00f4t, les livres me ras\u00adsu\u00adraient&nbsp;<\/em>\u00bb, dit-elle, une fa\u00e7on de gu\u00e9\u00adrir de cette obses\u00adsion du temps qui passe. La po\u00e9\u00adsie est une fa\u00e7on de gar\u00adder quelque chose de ce qu\u2019on&nbsp;perd.<\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse<\/em><\/strong><br>\nTu dois faire tienne cette phrase de Kaf\u00adka&nbsp;: \u00ab&nbsp;<a href=\"http:\/\/editions-hache.com\/kafka\/kafka1.html\">Un livre doit \u00eatre la hache qui fend la mer gel\u00e9e en nous&nbsp;; voi\u00adl\u00e0 ce que je crois<\/a>.&nbsp;\u00bb <span id=\"easy-footnote-1-3455\" class=\"easy-footnote-margin-adjust\"><\/span><span class=\"easy-footnote\"><a href=\"https:\/\/cequireste.fr\/?p=3455#easy-footnote-bottom-1-3455\" title=\"Franz Kafka : <em>Lettre \u00e0 Oskar Pollak<\/em>, janvier 1904 in <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em> La Pl\u00e9iade, tome 3 \"><sup>1<\/sup><\/a><\/span>\n<\/p><p class=\"strophe\">[\u2026]\n<\/p><p class=\"textjustify\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nJe suis n\u00e9e r\u00e9vol\u00adt\u00e9e dans une famille dont les ori\u00adgines por\u00adtaient d\u00e9j\u00e0 la col\u00e8re. J\u2019ai d\u00fb faire avec ce bagage et un autre plus dis\u00adcret, \u00e9touf\u00adf\u00e9. Je ne savais pas expri\u00admer cette col\u00e8re, j\u2019ai essay\u00e9 de l\u2019\u00e9\u00adcrire. Elle n\u2019est pas plus par\u00adve\u00adnue \u00e0 se dire. Au bout du compte, l\u2019\u00e9\u00adpui\u00adse\u00adment psy\u00adchique a eu gain de cause. \u00c0 tous ceux qui s\u2019\u00e9\u00adpuisent dans des luttes vaines, il n\u2019est pas inutile de les pr\u00e9\u00adve\u00adnir. Point besoin d\u2019apocalypse. Notre fuite en avant nous y am\u00e8ne t\u00f4t ou tard. &nbsp;Vain\u00adcus par notre vani\u00adt\u00e9 \u00e0 croire qu\u2019il nous faut tou\u00adjours nous battre, cer\u00adtains ne d\u00e9fen\u00addant au pas\u00adsage que leur pr\u00e9-car\u00adr\u00e9. Nos pr\u00e9\u00adro\u00adga\u00adtives d\u2019humains atro\u00adphi\u00e9s ou pri\u00adv\u00e9s de liber\u00adt\u00e9 se heurtent au mur de l\u2019in\u00addif\u00adf\u00e9\u00adrence et du plus grand nombre. Tant qu\u2019il y a de la vie, on pense&nbsp;: il faut r\u00e9sis\u00adter. Mais r\u00e9sis\u00adter \u00e0 quoi&nbsp;? Les luttes \u00e9puisent plus s\u00fbre\u00adment. Nous pas\u00adsons tous par l\u00e0, l\u2019un apr\u00e8s l\u2019autre. Et un jour, nous nous retrou\u00advons assis sur un banc \u00e0 regar\u00adder pas\u00adser les nuages, le bruit len\u00adte\u00adment s\u2019efface, et plus rien alors n\u2019a d\u2019importance.<\/p>\n<p class=\"strophe\">[\u2026]\n<\/p><p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse<\/em><\/strong><br>\nAriane, si contrainte qu\u2019elle puisse \u00eatre, a droit, elle aus\u00adsi, \u00e0 son odys\u00ads\u00e9e. Sa toile est son sillage, toutes les traces qu\u2019elle a lais\u00ads\u00e9es, qu\u2019elle a empor\u00adt\u00e9es vers la haute mer en consti\u00adtuent la trame. Nul besoin de mains autres, sinon celles qui ont tis\u00ads\u00e9 ses jours, qui les ont cou\u00adsus \u00e0 sa peau\u2026 Dans cette aven\u00adture qui nous est com\u00admune, nous ne savons qu\u2019une chose&nbsp;: nous ne savons pas ce que nous \u00e9cri\u00advons. Tout est fra\u00adgile, ouvert. Le rien s\u2019ouvre sur le tout et revient au rien, pul\u00adsa\u00adtion qui nous tient en \u00e9veil au bord de la nuit, tou\u00adjours, funam\u00adbules d\u2019un fil qui de nous-m\u00eames pro\u00adc\u00e8de, pour para\u00adphra\u00adser Saint-John Perse, cet \u00ab&nbsp;<em>alli\u00e9 sub\u00adstan\u00adtiel<\/em>&nbsp;\u00bb qui m\u2019accompagne depuis mes 19 ans. B\u00e9nis soient les po\u00e8tes qui nous font na\u00eetre, qui nous font vivre, cha\u00adcun d\u2019eux, cha\u00adcune d\u2019elles.<\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>Quelque chose veille<\/em><br>\n<em>entre seuil et sommeil<\/em><\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>Un trait de lumi\u00e8re parfois<\/em><br>\n<em>en donne la distance<\/em><\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>Si peu dans la&nbsp;nuit<\/em><\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>Rien qui ne puisse passer<\/em><br>\n<em>comme un cou\u00adrant d\u2019air<\/em><br>\n<em>sous la&nbsp;porte.<\/em><\/p>\n<p class=\"alinea3\"><em>(in\u00e9dit 2014)<\/em><\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nLe d\u00e9sir de vie\u2026 pen\u00addant des ann\u00e9es, j\u2019ai sen\u00adti sa br\u00fb\u00adlure en moi. Ce n\u2019\u00e9\u00adtait pas la pre\u00admi\u00e8re fois, \u00e7a ne serait pas la der\u00adni\u00e8re. Une fi\u00e8vre plu\u00adt\u00f4t qu\u2019une br\u00fb\u00adlure\u2026 mais n\u2019est-ce pas la m\u00eame chose&nbsp;? Il m\u2019a\u00advait lais\u00ads\u00e9 ce feu qui, pi\u00e9\u00adg\u00e9 dans les rets de mon \u00e2me, br\u00fb\u00adlait depuis long\u00adtemps. Sous les braises qui cou\u00advaient d\u00e9j\u00e0 et s\u2019\u00e9\u00adtaient rani\u00adm\u00e9es, l\u2019ar\u00addeur d\u2019une vie \u00e0 accom\u00adplir \u00e9tait vivace. En une nuit, une seule, avec un autre, le m\u00eame (?) tout fut consu\u00adm\u00e9. Le corps d\u00e9vas\u00adt\u00e9, de l\u2019in\u00adt\u00e9\u00adrieur, l\u2019\u00e9\u00adpui\u00adse\u00adment fit son \u0153uvre, ne res\u00adtait que des sem\u00adblants, des faux-sem\u00adblants. Ma ver\u00adti\u00adca\u00adli\u00adt\u00e9 fai\u00adsait illu\u00adsion. Un temps seule\u00adment. Apr\u00e8s le c\u0153ur, la gorge, le ventre, les muscles s\u2019im\u00admo\u00adl\u00e8rent. La dou\u00adleur s\u2019ins\u00adtal\u00adla dans tout ce qui res\u00adtait, le sque\u00adlette, la peau. Me for\u00ad\u00e7a \u00e0 m\u2019al\u00adlon\u00adger, quand tout me contrai\u00adgnait \u00e0 res\u00adter debout. La lutte \u00e9tait injuste, impos\u00adsible \u00e0&nbsp;tenir.<\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse<\/em><\/strong><br>\n\u00ab&nbsp;<em>L\u2019\u00e9\u00adtoile aug\u00admente les \u00e9toiles<\/em>&nbsp;\u00bb<span id=\"easy-footnote-2-3455\" class=\"easy-footnote-margin-adjust\"><\/span><span class=\"easy-footnote\"><a href=\"https:\/\/cequireste.fr\/?p=3455#easy-footnote-bottom-2-3455\" title=\" Paul Eluard, <em>Po\u00e9sie ininterrompue<\/em>, Gallimard,1953\"><sup>2<\/sup><\/a><\/span>, a \u00e9crit \u00c9luard. Sommes-nous des \u00e9toiles dans nos chaus\u00adsons de peu&nbsp;? Chairs bles\u00ads\u00e9es, fra\u00adgiles, griffes et dents sous les boucles&nbsp;?<\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nOui\u2026 Tel Job sur son lit de for\u00adtune, je sup\u00adpliai qu\u2019on m\u2019ai\u00add\u00e2t \u00e0 mou\u00adrir mais la camarde, occu\u00adp\u00e9e autre part, m\u2019o\u00adbli\u00adgeait \u00e0 regar\u00adder vers cet ailleurs pul\u00adv\u00e9\u00adri\u00ads\u00e9. \u00c0 vou\u00adloir vivre debout, je n\u2019en finis\u00adsais pas de m\u2019ou\u00adblier. \u00c0 don\u00adner tou\u00adjours plus dans le vent, \u00e0 sou\u00adte\u00adnir l\u2019es\u00adpace de mes gestes inutiles et fra\u00adgiles. Son feu m\u2019a\u00advait br\u00fb\u00adl\u00e9e et je serais rede\u00advable \u00e0 jamais\u2026 d\u2019une dette incon\u00adnue. J\u2019a\u00advais pris per\u00adp\u00e8te. Durant toutes ces ann\u00e9es de fi\u00e8vre, aucun m\u00e9di\u00adca\u00adment ne vint sou\u00adla\u00adger la dou\u00adleur, trop ancienne sans doute, faite de tant de meur\u00adtris\u00adsures, une plaie jamais refer\u00adm\u00e9e. Comme un virus ingu\u00e9\u00adris\u00adsable, une fi\u00e8vre puer\u00adp\u00e9\u00adrale, ind\u00e9\u00adtec\u00adtable mais pug\u00adnace, les symp\u00adt\u00f4mes de cette fi\u00e8vre, aggra\u00adv\u00e9s par l\u2019an\u00adgoisse enva\u00adhis\u00adsante exi\u00adgeaient une lutte de chaque ins\u00adtant pour ne pas som\u00adbrer dans la&nbsp;folie.<\/p>\n<p class=\"strophe\">[\u2026]\n<\/p><p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse <\/em><\/strong><br>\nIl me pla\u00eet d\u2019imaginer l\u2019\u00e9criture comme un uni\u00advers en expan\u00adsion, je sou\u00adhaite te dire que j\u2019aime ton \u00e9cri\u00adture pul\u00adsa\u00adtile : \u00ab&nbsp;J\u2019a\u00advais pris per\u00adp\u00e8te&nbsp;\u00bb apr\u00e8s des phrases plus longues et d\u2019une autre envo\u00adl\u00e9e, bra\u00advo&nbsp;! Ton \u00e9cri\u00adture dit le mou\u00adve\u00adment de la vie, elle l\u2019accompagne, le recr\u00e9e, le pro\u00adlonge. \u00c9crire n\u2019est pas une acti\u00advi\u00adt\u00e9 ext\u00e9\u00adrieure, c\u2019est notre res\u00adpi\u00adra\u00adtion pro\u00adfonde, notre adh\u00e9\u00adsion \u00e0 la vie, la preuve irr\u00e9\u00adfu\u00adtable de cette adh\u00e9\u00adsion. L\u2019\u00e9criture est du sang&nbsp;tiss\u00e9.<\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nOui je le crois, \u00e9crire est une acti\u00advi\u00adt\u00e9 du dedans. Un lent tra\u00advail de forage, de des\u00adcente \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de soi. J\u2019ai tou\u00adjours sen\u00adti dans cette des\u00adcente la m\u00eame qu\u00eate spi\u00adri\u00adtuelle du sens. En ce qui me concerne, dans les renon\u00adce\u00adments, com\u00admen\u00adc\u00e9s tr\u00e8s t\u00f4t, d\u2019a\u00adbord comme une n\u00e9ces\u00adsi\u00adt\u00e9 de s\u2019ap\u00adpau\u00advrir, de se d\u00e9pouiller, ensuite comme une r\u00e9a\u00adli\u00adt\u00e9. Plus je m\u2019ap\u00adpau\u00advris\u00adsais mat\u00e9\u00adriel\u00adle\u00adment, plus je m\u2019\u00e9\u00adle\u00advais spi\u00adri\u00adtuel\u00adle\u00adment. Lorsque cela arrive, on se d\u00e9fait des der\u00adniers ori\u00adpeaux de l\u2019or\u00adgueil, on d\u00e9sha\u00adbille son \u00e2me et on apprend l\u2019abandon.<br>\nLong\u00adtemps j\u2019ai adh\u00e9\u00adr\u00e9 \u00e0 cette phrase de Pes\u00adsoa : <em>\u00ab&nbsp;J\u2019en\u00adrage. Je vou\u00addrais tout com\u00adprendre, tout savoir, tout accom\u00adplir, tout dire, tout jouir, tout souf\u00adfrir, oui tout souf\u00adfrir. Mais rien de cela, rien, rien. Je reste an\u00e9an\u00adti par l\u2019i\u00add\u00e9e de ce que je vou\u00addrais avoir, pou\u00advoir, sen\u00adtir. Ma vie est un r\u00eave immense&nbsp;\u00bb.<\/em> Et un jour, j\u2019ai com\u00adpris que la vie consiste \u00e0 s\u2019a\u00adban\u00addon\u00adner, \u00e0 ne plus r\u00e9sis\u00adter. Vou\u00adloir tout ma\u00ee\u00adtri\u00adser, vou\u00adloir \u00eatre ma\u00eetre de la connais\u00adsance, de ses d\u00e9si\u00adrs, de son vou\u00adloir, tout cela ne conduit qu\u2019\u00e0 la souf\u00adfrance. Il a fal\u00adlu la mort de mon p\u00e8re pour m\u2019en convaincre et me rame\u00adner \u00e0 lui, \u00e0 sa vie de labeur, de souf\u00adfrance et de recherche d\u2019une seule v\u00e9ri\u00adt\u00e9&nbsp;: l\u2019amour.<\/p>\n<p class=\"strophe\">[\u2026]\n<\/p><p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse <\/em><\/strong><br>\nNous sommes des m\u00e8res par essence, des \u00ab&nbsp;matrices d\u2019i\u00add\u00e9es&nbsp;\u00bb comme dit Mer\u00adleau-Pon\u00adty. Tout autant que des filles. Tout autant que des bal\u00adlons volants. Ne c\u00e9dons pas, comme l\u2019\u00e9crivait Ren\u00e9 Char, le moindre de nos \u00ab&nbsp;gra\u00adviers d\u2019eau&nbsp;\u00bb. Ne nous lais\u00adsons pas muti\u00adler d\u2019une part de nous-m\u00eames. Exis\u00adtons, vivons, plei\u00adne\u00adment. Diff\u00e9remment.<\/p>\n<p class=\"strophe\">[\u2026]\n<\/p><p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse<\/em><\/strong><br>\nDes cou\u00adleurs que nous aimions, tous les rayons \u00e9taient n\u00e9ces\u00adsaires, comme, sur le prisme des roues enfan\u00adtines, ces teintes qui n\u2019\u00e9clatent que pla\u00adc\u00e9es les unes \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres. La vie est \u00e9clat, nuance, valeur nuan\u00adc\u00e9e, lumi\u00e8re qui tourne. L\u2019amour qui nous porte est un prisme qui doit don\u00adner \u00e0 voir toutes les facettes de la vie dans leur uni\u00adci\u00adt\u00e9 et leur har\u00admo\u00adnie, ombres et lumi\u00e8res m\u00eal\u00e9es. Chaque jour, nous appre\u00adnons \u00e0 vivre, \u00e0 aimer. Sinon, \u00e0 quoi&nbsp;bon&nbsp;?<\/p>\n<p><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"alinea2 demistrophe\"><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;<em>la nuit \u00e9teint les couleurs,&nbsp;<\/em><\/p>\n<p class=\"demistrophe alinea3\"><em> celles de l\u2019\u00e2me demeurent un ciel serein toujours<\/em><\/p>\n<p class=\"demistrophe alinea4\"><em>ouvre tes&nbsp;mains&nbsp;<\/em><\/p>\n<p class=\"alinea2 demistrophe\"><em> pousse ce cri sau\u00advage qui t\u2019emplit&nbsp;<\/em>\u00bb<\/p>\n<p class=\"alinea2\">(<em>Blue note\u2026 pour un h\u00eatre<\/em>, in\u00e9dit)<\/p>\n<p><span class=\"textjustify\">Culti\u00advons la joie, c\u2019est tout ce qui nous reste. Renon\u00adcer \u00e0 l\u2019\u00e9\u00adcri\u00adture, impos\u00adsible&nbsp;! Mal\u00adgr\u00e9 le d\u00e9sastre, mal\u00adgr\u00e9 l\u2019illusion, culti\u00adver la joie, la d\u00e9po\u00adser si pos\u00adsible sur cha\u00adcun de nos mots (maux) comme un baume salvateur.<\/span><\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Mari\u00adlyse<\/em><\/strong><br>\nOui, la joie, l\u2019all\u00e9gresse, la lumi\u00e8re, la pleine luci\u00addi\u00adt\u00e9. Tout ce qui rena\u00eet et nous fait rena\u00eetre chaque jour. L\u2019insurrection per\u00adma\u00adnente de vivre. M\u00eame si nous ne sommes pas tou\u00adjours \u00e0 la hau\u00adteur de cette exi\u00adgence. La po\u00e9\u00adsie est pour moi l\u2019expression la plus intime, la plus dense du d\u00e9sir de vivre. C\u2019est de l\u2019\u00e9nergie vitale \u00e0&nbsp;l\u2019\u00e9tat brut qui pulse dans nos veines. Les dif\u00adf\u00e9\u00adrentes formes qu\u2019elle prend sont de l\u2019ordre du filtre, unique pour chacun.<br>\n\u00ab&nbsp;Po\u00e9\u00adsie pour vivre mieux et plus loin&nbsp;\u00bb, je fais miens ces mots de Saint-John Perse.<\/p>\n<p class=\"textjustify\"><strong><em>Marie-Jos\u00e9e<\/em><\/strong><br>\nD\u00e9ci\u00adder d\u2019\u00eatre heu\u00adreux pro\u00adc\u00e8de de cette joie que l\u2019on porte enfouie tel\u00adle\u00adment pro\u00adfon\u00add\u00e9\u00adment et que l\u2019on se refuse face \u00e0 un monde chaque jour en d\u00e9sastre. Vivre la joie, c\u2019est \u00eatre dans chaque minute, comme en po\u00e9\u00adsie, ten\u00adter de don\u00adner main \u00e0 ce cou\u00adrage d\u2019\u00eatre heu\u00adreux car il s\u2019agit bien d\u2019un courage\u2026<br>\nCer\u00adtains d\u2019entre nous tra\u00adversent le monde sou\u00advent de mani\u00e8re insou\u00adciante, se croyant libres ou pire, \u00e9ter\u00adnels, oubliant ce qui leur est le plus essen\u00adtiel, au nom de causes plus vastes, d\u2019un monde \u00e0 sau\u00adver, d\u2019une id\u00e9e \u00e0 d\u00e9fendre, se don\u00adnant ain\u00adsi une impor\u00adtance dont le monde apr\u00e8s eux n\u2019aura cure. Ils pensent \u00e0 leur tra\u00advail, ont une \u0153uvre \u00e0 finir (ou \u00e0 com\u00admen\u00adcer), un com\u00adbat \u00e0 mener, ils se croient inves\u00adtis d\u2019une mis\u00adsion, et un jour, d\u00e9couvrent que rien de ce qu\u2019ils ont accom\u00adpli n\u2019a ser\u00advi leur vie, ils n\u2019ont \u00e9t\u00e9 que mal\u00adheu\u00adreux, le monde n\u2019a pas bou\u00adg\u00e9 de place, on les a m\u00eame oubli\u00e9s, et eux ont oubli\u00e9 l\u2019essentiel&nbsp;: la&nbsp;joie.<br>\nTous les grands concepts aux\u00adquels ils croyaient se sont r\u00e9v\u00e9\u00adl\u00e9s pr\u00e9\u00adcaires, flous, confus, voire per\u00adver\u00adtis\u2026 Rien n\u2019est plus fra\u00adgile que la liber\u00adt\u00e9, rien n\u2019est plus illu\u00adsoire que la v\u00e9ri\u00adt\u00e9<strong><em>.<\/em><\/strong><\/p>\n<p class=\"textjustify\"><em><span class=\"dquo\">\u00ab<\/span>&nbsp;Le don d\u2019\u00e9crire est pr\u00e9\u00adci\u00ads\u00e9\u00adment ce que refuse l\u2019\u00e9criture. Celui qui ne sait plus \u00e9crire, qui renonce au don qu\u2019il a re\u00e7u, dont le lan\u00adgage ne se laisse pas recon\u00adna\u00eetre, est plus proche de l\u2019inexp\u00e9rience in\u00e9prou\u00adv\u00e9e, l\u2019absence du \u00ab&nbsp;propre&nbsp;\u00bb qui, m\u00eame sans \u00eatre, donne lieu \u00e0 l\u2019av\u00e8nement. Qui loue le style, l\u2019originalit\u00e9 du style exalte seule\u00adment le moi de l\u2019\u00e9crivain qui a refu\u00ads\u00e9 de tout aban\u00addon\u00adner et d\u2019\u00eatre aban\u00addon\u00adn\u00e9 de tout. Bien\u00adt\u00f4t, il sera notable&nbsp;; la noto\u00adri\u00e9\u00adt\u00e9 le livre au pou\u00advoir&nbsp;: lui man\u00adque\u00adraient l\u2019effacement, la dis\u00adpa\u00adri\u00adtion. Ni lire, ni \u00e9crire, ni par\u00adler, ce n\u2019est pas le mutisme, c\u2019est peut-\u00eatre le mur\u00admure inou\u00ef&nbsp;: gron\u00adde\u00adment et silence.&nbsp;\u00bb<\/em> <span id=\"easy-footnote-3-3455\" class=\"easy-footnote-margin-adjust\"><\/span><span class=\"easy-footnote\"><a href=\"https:\/\/cequireste.fr\/?p=3455#easy-footnote-bottom-3-3455\" title=\"<em>L'\u00e9criture du d\u00e9sastre<\/em>, Maurice Blanchot\"><sup>3<\/sup><\/a><\/span>\n<\/p><p class=\"signatures\">Textes <strong>extraits d\u2019un tra\u00advail en cours<\/strong>: Marie-Jos\u00e9e Des\u00advignes <span class=\"amp\">&amp;<\/span> Mary\u00adlise Leroux<br>\nEncres : Marie-Jos\u00e9e Desvignes<br>\nPhotographies&nbsp;:<br>\nH\u00e9l\u00e8ne Desvignes<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/encre-3.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-3461\" src=\"http:\/\/localhost\/cequireste\/wp-content\/uploads\/2015\/04\/encre-3-572x1024.jpg\" alt=\"Encres : Marie-Jos\u00e9e Desvignes \/\/ Photographies : H\u00e9l\u00e8ne Desvignes\" width=\"510\" height=\"913\"><\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>[\u2026] Mari\u00adlyse Tout ce que nous nous disons aujourd\u2019hui, tout ce que nous \u00e9cri\u00advons, nous le savions d\u00e9j\u00e0, intui\u00adti\u00adve\u00adment, depuis le d\u00e9but. Notre \u0153il avait vu mais il a choi\u00adsi ses voiles. Notre oreille avait enten\u00addu mais elle a choi\u00adsi ses silences. Il faut bien vivre et sur\u00advivre \u00e0 ce qui n\u2019est pas nous. 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